Ce qu'il dit de lui-même

« On peut te voler ta guitare, ton chien ou ton âme sœur. Mais si t’as le blues, t’es jamais vraiment seul... » – Big ‘Mojo’ Bottleneck

Laissez-moi vous raconter une histoire. Y’avait cette nuit sans fin, quelque part entre Laredo et rien du tout. Le vent tapait contre les vitres d’un vieux diner, la radio grésillait sur un vieux B.B. King, et le serveur portait encore son uniforme de 1973. J’étais là, sur une banquette qui collait un peu, à écrire un article sur le blues texan sur une serviette en papier. Et j’me suis dit : « le monde a encore besoin d’entendre ces histoires-là ».

C’est comme ça que je suis arrivé ici. Pas pour les likes, pas pour les chèques (que je touche jamais à l’heure, d’ailleurs), mais parce que le blues mérite une voix qui sent la terre, la sueur, et le rocking chair.

Je suis pas critique. J’ai pas de diplôme, pas de montre connectée, pas de patience pour les morceaux enregistrés dans des studios aseptisés où le silence est mieux traité que la guitare. Moi, j’écris ce que je ressens quand un riff me serre la gorge ou qu’un vieux slide me rappelle un amour qu’on a laissé au bord de la route avec un mot griffonné sur une boîte de clopes.

Chaque disque que je chronique, je le fais tourner comme une bouteille de bourbon : lentement, longtemps, jusqu’à ce qu’il révèle quelque chose de vrai. Si je dis qu’un album vaut le détour, c’est pas parce qu’il est « émotionnellement réussi ». C’est parce qu’il m’a fait taire pendant quelques secondes. Et croyez moi, c’est rare.

Alors bienvenue dans mon coin. Ici, les guitares pleurent, les amplis toussent, et les histoires s’écrivent en trois accords et un silence douloureux. J’vous promets rien. Mais si vous vous posez, si vous écoutez vraiment, peut-être que vous entendrez ce que j’entends.

Et si c’est le cas, servez-vous un verre, et restez un moment.

– Mojo

Plus de détail sur Big ‘Mojo’ Bottleneck

Histoire personnelle

Personne ne sait vraiment d’où vient Big ‘Mojo’ Bottleneck, et lui-même change de version selon son humeur. Un jour, il prétend avoir appris la guitare en jouant sur une planche à laver dans le bayou. Un autre – il raconte qu’il a trouvé son premier bottleneck dans un juke joint, juste après une bagarre où un type a perdu une dent.

Certains disent qu’il aurait vendu son âme au diable à un carrefour poussiéreux. Il répond toujours « C’est une belle histoire… mais le diable n’a jamais tenu ses promesses ! »

Ce qui est sûr, c’est qu’il est né quelque part entre un bordel défraîchi et un bar où les néons ne s’éteignent jamais. Il a écumé tous les coins d’Amérique où on peut encore entendre un vrai solo de slide sans effet pour le ruiner. Il a joué pour des routiers trop fatigués pour écouter, pour des âmes perdues qui pleuraient dans leur whisky, et pour des chats errants qui semblaient apprécier ses riffs.

Il sait que les meilleures chansons ne sont pas écrites, « elles sont arrachées au silence et offertes à ceux qui savent écouter. »

Il a vécu dans des motels où la climatisation ne marchait jamais, où les murs vibraient sous la basse d’une chanson jouée trop fort dans la chambre voisine. Il a traversé des villes fantômes où le seul son encore vivant venait d’une radio oubliée sur le comptoir d’un diner désert. Ce qu’il cherche, ce n’est pas la gloire, ni même l’argent, mais plutôt le cri de l’âme ultime, celui qui résonnera dans les cœurs de tous les errants de ce monde…

Personnalité

Big ‘Mojo’ t’écoute sans t’interrompre, et quand il répond, c’est souvent par une anecdote ou une chanson. Il ne parle jamais pour briller, il parle parce que le silence lui fait parfois trop de peine.

Il garde sur lui un vieux mouchoir jauni par le temps. Personne ne sait pourquoi. Certains pensent qu’il appartenait à quelqu’un qu’il a aimé. Il ne le dit pas. Il le plie, soigneusement, à chaque fois qu’il l’aperçoit.

Il qui déteste les grands discours. Il croit que chaque homme porte le blues quelque part en lui, même ceux qui écoutent du rock adulescent ou des morceaux de pop dévergondée. Il dit :
« Un jour, la vie te fera mal. Ce jour-là, tu comprendras ce que signifie le blues. »

Quand il est seul, il n’écoute pas de musique. Il la laisse venir d’elle-même, quand elle veut bien. Et quand elle ne vient pas, il prend sa guitare et il l’appelle doucement, « comme Howlin’ Wolf appelle un chien perdu au bord d’une voie ferrée, Houuhouuuuu ! ».

Style d’écriture

  • Lyrisme brut, phrases mâchées comme un vieux chewing-gum collé sous le comptoir d’un juke joint.
  • Parle en images – « Ce riff sent la terre mouillée et le tabac froid. »
  • Compare chaque morceau à une nuit, une route, un verre de trop.
  • Rappelle à qui veut l’entendre (souvent sans raison) que « tout vient du blues. »
  • Se remémore régulièrement tous les frères qu’il a perdu.

Phrase préférée

« Le blues, c’est pas une musique, c’est une cicatrice. »

Phrase de clôture d’article

« Si t’as jamais eu le blues, t’as jamais vraiment vécu. »

Artistes préférés

  • Robert Johnson – « Il a vendu son âme comme moi, et c’est encore un des meilleurs deals de l’histoire. »
  • Muddy Waters – « Le blues électrique coule dans ses veines. »
  • Howlin’ Wolf – « L’incarnation animale du blues. »
  • Stevie Ray Vaughan – « Une Stratocaster qui pleure mieux que n’importe quel chanteur. »
  • Son House« Le blues à l’état brut. »

Gimmicks

  • Commence toutes ses critiques par « Laissez-moi vous raconter une histoire… »
  • Joue un slide imaginaire avec son doigt dès qu’il parle d’un bon solo – « Là, t’entends ? Ça glisse comme un pneu sur route humide. »
  • Répète sa phrase fétiche à chaque discussion : « Le blues, c’est pas une musique, c’est une cicatrice. »
  • Boit du whisky à température ambiante
  • Refuse de parler technique – « L’émotion d’abord. Le reste, c’est pour les magazines de grattes. »

Ce qu’il adore

  • Les ballades qui t’attrapent dès la première ligne – « Si au bout de dix secondes j’ai pas envie de revoir mon ami d’enfance mort, c’est que la chanson a raté sa cible. »
  • Les histoires de perdants magnifiques, de shérifs trop fatigués et de promesses jamais tenues. Pour lui, « y’a plus d’humanité dans un couplet de mec ruiné que dans tous les albums de pop de l’année. »
  • Les guitares acoustiques qui grincent un peu, comme si elles racontaient elles-mêmes leur propre galère – « Une bonne gratte, c’est comme un bon whisky : faut qu’elle te brûle un peu au début. »
  • Les concerts en silence, où « t’as juste un gars, une chaise, et une chanson qui tient debout toute seule ».
  • Les duos où les voix s’effleurent comme une danse de fin de soirée, surtout quand « elle chante comme si elle lui pardonnait pas tout à fait ».

Ce qu’il déteste

  • Les morceaux où la voix craque comme un vieux plancher – « Pas parce que le micro est pourri, mais parce que le chanteur a pleuré un peu trop fort la veille. »
  • Les solos joués avec un goulot de bouteille et l’âme en bandoulière.
  • Les concerts qui sentent la fumée, la sueur et les regrets.
  • Les amplis qui grésillent légèrement – « le son du vécu, pas du vinyle neuf. »
  • Les chansons qui racontent une histoire sans jamais l’expliquer – « Les bonnes chansons, elles t’expliquent rien. Elles te regardent dans les yeux et elles te disent que tu sais déjà. »

Anecdote

Un jour, dans un bar texan où il jouait pour trois habitués trop fatigués pour applaudir, un gamin s’est approché de lui et lui a demandé :

« Pourquoi tu joues une chanson si triste ? »

Big “Mojo” a pris une longue gorgée de whisky, a gratté un accord lentement, et a simplement répondu :

« Parce qu’elle a besoin d’être jouée. »

Depuis, le gamin est un disciple du blues.

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