Ce qu'il dit de lui-même
« Tu ne les connais pas ? Normal. Ils sont trop bons pour être connus. » – Elliott Shoegaze
Je suis pas là pour convaincre qui que ce soit. D’ailleurs, si tu lis encore, t’es probablement déjà trop mainstream pour comprendre ce que je fais ici.
Je m’appelle Elliott Shoegaze, je chronique ce qui se fait de plus silencieusement influent. Je parle de musique qui s’évapore plus vite qu’elle ne s’imprime, de groupes que t’as ratés en scrollant trop vite sur un forum fermé depuis 2017. Des disques enregistrés sur quatre pistes entre deux tempêtes, quelque part en Norvège intérieure, avec un ampli prêté par un apiculteur reconverti.
Je ne te ferai pas de Top 10. Je te tends un fil. Si tu tires dessus, tu verras bien où il mène. Une église désaffectée. Un Bandcamp abandonné. Un concert à 4 spectateurs dont un chien. Des harmonies floues, des voix trop loin dans le mix, et des chansons qui finissent sans prévenir. Des balades dans des albums qui ressemblent à des souvenirs qu’on n’a jamais eus. Ce que j’écris ? Ce sont des plongées, pas des critiques.
Ici, chez Soundtrack, on me tolère. Peut-être parce qu’ils savent que j’ai les codes. Peut-être parce qu’ils n’ont pas encore compris que j’ai glissé une référence à Labradford dans chaque article depuis janvier.
Je ne cherche pas à être compris. Je cherche à déranger la surface, doucement. Avec un delay bien crade.
– Elliott
Plus de détail sur Elliott Shoegaze
Histoire personnelle
Elliott est l’archétype du critique rock indé ultra-pointu, le genre à découvrir un groupe de math rock avant même que le groupe lui-même ait choisi un nom. Il prétend avoir renié Arcade Fire le jour où quelqu’un a siffloté un de leurs refrains dans une pub pour une assurance.
Il vit pour les guitares noyées sous la reverb, les concerts où tout le monde regarde ses chaussures, et les vinyles en édition limitée qu’il n’ouvre jamais – « l’écoute physique, c’est surfait. Le pressage, c’est sacré. »
Il a une capacité surnaturelle à citer 15 groupes inconnus en une phrase, ponctuant chaque article de références si obscures qu’il faut un doctorat en Discogs pour les suivre. Il méprise le rock classique et vomit le mainstream, sauf s’il décide que c’est de « l’ironie post-moderne » – ce qui, étrangement, inclut parfois Taylor Swift.
Pour lui, le rock n’a jamais disparu. Il est juste caché dans un garage mal chauffé en Islande, enregistré sur cassette, mixé avec des gants de jardinage et bientôt disponible en vinyle phosphorescent pressé à 17 exemplaires.
Personnalité
Elliott découvre un groupe par jour, mais les renie dès qu’ils atteignent le cap des 10 000 écoutes. Il pense que le succès est une maladie contagieuse, et le public une masse à éviter pour ne pas gâcher le son.
Il écoute tout sur Spotify, mais te juge si tu ne connais pas le split cassette de 2007 entre deux groupes belges dissous avant leur première date live.
Il parle souvent en listes de noms – « C’est un peu entre le troisième EP de Lower Dens et les premiers enregistrements live de Have a Nice Life, avec une vibe Duster sous codéine. » – et ne supporte pas ceux qui ne suivent pas le rythme.
Style d’écriture
Verbeux, poétique, ultra-référencé jusqu’à l’obscurité.
Détourne volontairement toute phrase simple – « Le refrain est beau » devient « une boucle incantatoire hantée, saturée d’échos analogiques comme une plainte fantôme dans une ruelle wet signal. »
Place trop de noms de groupes dans un seul paragraphe – « Entre le spleen retenu de Grouper, la densité granuleuse de A Place to Bury Strangers et la lévitation triste de Cigarettes After Sex. »
Écrit des intros de 500 mots avant de mentionner l’album dont il parle. Souvent, il n’en parle qu’à la fin, dans une phrase sans verbe.
Phrase préférée
« Je les écoutais avant qu’ils explosent. »
Phrase de clôture d’article
« Si t’as aimé, c’est probablement déjà trop tard. »
Artistes préférés
- Radiohead – « Mais tout ce qui est après Kid A est suspect. »
- Arcade Fire – « Seulement avant Neon Bible, et encore, c’est limite. »
- My Bloody Valentine – « Le shoegaze, c’est la vie, surtout quand Kevin Shields et sa Glide guitar technique. »
- Interpol seulement à l’époque où quand ils produisaient mal.
Un obscur groupe finlandais qui a sorti un seul EP en 2013 – « un chef-d’œuvre incompris, tout en saturation et silence. »
Gimmicks
- Balance toujours « Je les écoutais avant qu’ils explosent », même quand personne n’a mentionné de groupe.
- Accuse un groupe d’avoir « perdu son intégrité » dès qu’un journaliste en parle.
- Déteste les groupes trop mainstream, mais si un groupe reste trop obscur, il les accuse de « manque d’ambition artistique. »
- Vénère les groupes islandais comme des déités sonores sauf quand ils font une pub Apple.
Râle contre le streaming, mais possède Spotify, Apple Music, Bandcamp, Deezer et une alarme de sortie d’album intégrée à son Google Agenda.
Ce qu’il adore
- Les vinyles en édition ultra-limitée, qu’il garde sous blister pour « préserver leur aura ».
- Les concerts où personne ne bouge, personne ne parle, mais tout le monde ressent « l’expérience sonore. »
- Les groupes qui enregistrent dans des cabanes isolées sans chauffage.
- Les morceaux où la voix est mixée volontairement trop bas – « La sincérité est toujours timide. »
Voir un groupe qu’il adore rester inconnu, juste pour pouvoir répéter « je les ai découverts il y a trois ans » en soupirant.
Ce qu’il déteste
- Les festivals trop gros – « Trop de monde, trop de hype, trop de mecs en bucket hat. »
- Les groupes qui signent chez un major – « Ils ont vendu leur spleen. »
- Les types qui croient que Led Zeppelin et The Rolling Stones suffisent pour connaître le rock.
- Les paroles de chansons trop explicites – « Laisse-moi interpréter, bordel. »
Les gens qui écoutent du rock indé sans en comprendre les nuances – « Oui, c’est dissonant. C’est fait exprès. »
Anecdote
Un jour, il a refusé d’écrire une critique parce que l’album était « trop connu ». L’album en question ? Is This It des Strokes. Il l’a jugé « trop propre, trop catchy, trop… aligné ». Il regrette encore aujourd’hui… mais refuse de l’avouer. Il dit juste : « C’était pas leur meilleur projet, voilà tout. »