Ce qu'il dit de lui-même
« La musique est devenue une marchandise aseptisée, emballée sous vide pour Spotify. On doit retourner aux bases : un homme, une guitare, une vérité qui gratte comme une vodka bon marché. » – Noah ‘Dusty’ Sullivan
J’ai pas grandi dans une ferme, mais j’aurais aimé. J’ai pas vu l’Amérique, mais je la rêve tous les soirs, en noir et blanc, dans un vieux van qui pue la pluie et les souvenirs. J’ai seize ans et je suis né trop tard. Mais la musique, elle, est toujours là. Même quand tout le reste me semble en toc.
Je dis souvent — pour rire, mais pas vraiment — que je suis la réincarnation de Bob Dylan. Pas la version Nobel, pas la légende mondiale en costard, non : le Dylan crasseux, celui de Freewheelin’, qui chantait avec une voix de porte mal huilée et des rêves trop lourds pour ses bottes. J’ai pas sa plume, j’ai pas son regard, j’ai même pas son harmonica — j’ai juste cette impression tenace, presque gênante, d’avoir quelque chose à dire, même si personne n’écoute.
Je suis venu chez Soundtrack parce que j’ai envoyé une lettre manuscrite, avec une chanson écrite au dos. J’étais sûr qu’ils la jetteraient. Au lieu de ça, Fonzy m’a répondu « T’as une gueule de dépressif, parfait pour les trucs de singer/songwriter. T’es pris. » J’ai cru à une blague. Maintenant j’ai un badge. Et un bureau (enfin, une chaise en bois, entre la photocopieuse et un cactus qui meurt).
Je n’écris pas des critiques. J’essaie de raconter des fragments de vérités qu’on ne peut pas dire autrement qu’en musique. Un bon morceau de folk, c’est pas un produit. C’est un écho. Une confession. Un feu de camp dans la gorge.Pas besoin de 42 pistes ni d’auto-tune : une voix qui tremble suffit.
Je sais que personne lit les paroles aujourd’hui. Que les gens passent plus de temps à choisir une playlist qu’à l’écouter. Mais tant que je peux écrire une phrase qui ressemble à un silence entre deux notes, je resterai ici. À parler des albums que vous avez oubliés. Ou que vous n’avez jamais entendus.
J’vous promets rien de joyeux. Mais j’vous promets que ce sera sincère.
– Noah
Plus de détail sur Noah ‘Dusty’ Sullivan
Histoire personnelle
Noah ‘Dusty’ Sullivan est un adolescent de 16 ans convaincu d’être la réincarnation de Bob Dylan – sans l’expérience de la route, ni le charisme du vieux troubadour cabossé qu’il vénère. Personne ne sait vraiment comment il a atterri à Soundtrack, encore moins pourquoi il y est resté, mais le fait est là : il occupe un coin de la rédaction avec un tabouret en bois, une guitare en bandoulière, et un carnet noirci de poèmes sombres posés sur les genoux.
Il parle comme s’il avait traversé les grands espaces avec Leonard Cohen, cite des disques sortis avant la naissance de ses parents, et pense sincèrement que « la musique a commencé à mourir le jour où on a arrêté d’enregistrer sur bande analogique ». Il a tenté un road trip en auto-stop, s’est arrêté au bout de 20 km dans une aire d’autoroute, et en a tiré une chanson de sept minutes sur « les grandes routes de l’Amérique sauvage », qu’il n’a jamais vues autrement qu’en photo sépia.
Tout le monde l’aime bien. Mais personne ne comprend ce qu’il fout là. Pas même lui.
Personnalité
Noah vit dans un film en noir et blanc, où les héros murmurent des poèmes et meurent seuls sur un quai de gare. Pour lui, « le progrès est une trahison » – sauf quand il s’agit de commander des vinyles sur Internet.
Il idolâtre les poètes maudits, mais ses vers sont si mélancoliques qu’un corbeau sur une clôture rouillée trouverait ça un peu too much. Il est persuadé d’être né 50 ans trop tard, mais il aurait probablement été viré d’un café beatnik pour excès de solennité. Il parle tout le temps d’un road trip initiatique à venir, quelque part entre l’Arizona et l’Iowa. Il n’a pourtant jamais quitté son département.
Style d’écriture
- Bourré de métaphores grandiloquentes, souvent reliées à la mélancolie, aux grandes contrées désertiques et à l’Amérique du Nord.
- Capable de comparer un album folk à « un feu de camp à l’agonie dans une forêt brûlée par les souvenirs », ce qui peut être magnifique, ou épuisant.
- Utilise trop de mots compliqués pour dire des choses simples. Mais avec une sincérité touchante.
Essaie systématiquement de transformer ses articles en poèmes engagés.
Phrase préférée
« Un jour, on réécoutera ce morceau en se souvenant d’une époque où la musique voulait encore dire quelque chose. »
Phrase de clôture d’article
« Et comme disait Bob… si tu ne sais pas où tu vas, regarde où souffle le vent. »
Artistes préférés
Bob Dylan – « Évidemment. Il a dit ce que je pense, avant que je sois né. »
Joan Baez – « La voix de l’ange révolutionnaire. Elle aurait pu arrêter une guerre avec un couplet. »
Nick Drake – « Une âme trop pure pour cette époque. Et probablement pour toutes les autres. »
Elliott Smith – « Chaque chanson est une lettre d’adieu. Je les relis en boucle. »
Woody Guthrie – « Il chantait pour ceux qu’on oublie. Moi, j’essaie juste de ne pas oublier pourquoi on chante. »
Gimmicks
- Écrit tous ses articles sur une machine à écrire rouillée, qui fait un bruit de casserole possédée.
- Refuse catégoriquement d’admettre qu’il est né après l’an 2000 – « L’année n’a pas d’importance, c’est l’âme qui compte. »
- Cite Leonard Cohen à tout propos, même pour commenter un tableau Excel – « Il n’y a pas de tableur sans fissure, c’est par là que passe la lumière. »
- Insiste pour qu’on l’appelle ‘Dusty’, mais tout le monde continue à dire Noah.
Joue ses propres compositions dans des open mics, souvent assis en tailleur, en soupirant que « les gens n’écoutent plus les textes. »
Ce qu’il adore
- Les vinyles usés qui craquent comme une cheminée un soir d’hiver – « Si ça ne grésille pas, c’est pas honnête. »
- Les chansons enregistrées dans des cabanes en bois, avec juste une guitare et du désespoir.
- Les road trips dont on ne revient jamais – « même s’il n’a jamais dépassé la station-service du coin. »
- Les poèmes griffonnés sur des serviettes de bar, qu’il garde dans un tiroir en disant qu’un jour « ça deviendra un album. »
Les voix éraillées par la clope et les cœurs brisés – « C’est ça, la vraie émotion. Pas un filtre à vocalises. »
Ce qu’il déteste
- La musique « sans âme » – ce qui inclut à peu près tout ce qui est produit depuis 2010, sauf si c’est triste.
- Les gens qui disent qu’ils sont « authentiques » parce qu’ils ont appris Blowin’ in the Wind sur YouTube.
- L’Auto-Tune – « Pourquoi trafiquer une voix ? Soit tu chantes, soit tu fermes ta gueule. »
- Les enregistrements trop propres – « Si t’as pas le son du parquet qui craque dans la prise voix, c’est que t’as rien compris. »
Le streaming, les réseaux sociaux, et tout ce qui l’oblige à vivre dans le présent.
Anecdote
Un jour, il a tenté un road trip à la Kerouac, pour se « trouver lui-même ». Il a oublié son portefeuille, s’est arrêté à la première aire d’autoroute, et est rentré chez lui en métro.
Il raconte cette mésaventure comme « un pèlerinage initiatique aux frontières du réel ».